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Le bronze d'Idalion

Ce bronze n’a pas de lien direct avec le disque, je place ce document sur mon site car lorsque j’ai cherché des informations sur le net, je me suis aperçu qu’il n’y avait rien sur cet objet phare des inscriptions syllabiques chypriotes. Je suis donc allé faire des photocopies à la Biblothèques Nationale de France : je place ce que j’ai trouvé dans cette page... (le net sera un peu plus riche ;) ) si je me suis mal exprimé, ecrivez-moi...

Extrait de l’ouvrage d’ Olivier Masson, "Les Inscriptions chypriotes syllabiques : recueil critique et commenté", E. de Boccard, Paris, 1983.

Le bronze d’Idalion a été découvert dans le sanctuaire d’Athéna. Il s’agit d’une tablette de bronze avec poignée. La largeur de la partie inscrite est de 21 cm 4, la hauteur de 14 cm et l’épaisseur de 4 à 6 millimètres. Découvert avant 1850 et acquise par Péretie, la tablette est passée en 1850 de la collection du duc de Luynes. Actuellement conservé à Paris, Bibliothèque Nationale, Cabinet des médailles, inv. bronzes 2297. Face (A), seize lignes, face (B), quinze lignes.

Cette inscription, qui demeure le texte chypriote le plus étendu, est parfaitement conservée. Il s’agit d’un accord passé entre le roi Strasikypros et la cité d’Idalion, d’une part, le médecin Onasilos, fils d’Onasikypros et ses frères, d’autre part, au sujet des soins à donner aux blessés, après un siège de la ville par les Mèdes et les gens de Kition. Les blessés n’auront rien à payer : le roi et la ville règleront les honoraires du médecin et de ses frères, soit en argent, soit en terres ; la situation des terres est précisée avec minutie. La tablette devrait être déposée dans le sanctuaire d’Athéna, et c’est bien la qu’est la été trouvée.

syllabaire commun syllabiare idalion
syllabaire commun, répertoire théorique (Gauche) syllabaire d’Idalion (Droite)

Images du bronze face A et face B :

Face A Face B

schema idalion petit

transcription phonétique du Bronze :

(A) (1) o-te ’ ta-po-to-li-ne-e-ta-li-o-ne ’ ka-te-wo-ro-ko-ne-ma-to-i ’ ka-se-ke-ti-e-we-se ’ i-to-i ’ pi-lo-ku-po-ro-ne-we-te-i-to-o-na-sa-ko (2) ra-u ’ pa-si-le-u-se ’ sa-ta-si-ku-po-ro-se ’ ka-se-a-po-to-li-se ’ e-ta-li-e-we-se ’ a-no-ko-ne-o-na-si-lo-ne ’ to-no-na-si-ku-po (3) ro-ne-to-ni-ya-te-ra-ne ’ ka-se | to-se ’ ka-si-ke-ne-to-se ’ i-ya-sa-ta-i ’ to-se ’ a-to-ro-po-se ’ to-se ’ i-ta-i ’ ma-ka-i ’ i-ki (4) ma-me-no-se ’ a-ne-u ’ mi-si-to-ne ’ ka-sa-pa-i ’ e-u-we-re-ta-sa-tu ’ pa-si-le-u-se ’ ka-se ’ a-po-to-li-se ’ o-na-si (5) lo-i ’ ka-se ’ to-i-se ’ ka-si-ke-ne-to-i-se ’ a-ti-to-mi-si-to-ne ’ ka-a-ti ’ ta-u-ke-ro-ne ’ to-we-na-i ’ e-xe-to-i ’ (6) wo-i-ko-i ’ to-i-pa-si-le-wo-se ’ ka-se ’ e-xe-ta-i-po-to-li-wi ’ a-ra-ku-ro ’ ta I ta ’ e-tu-wa-no-i-nu ’ a-ti-to (7) a-ra-ku-ro-ne ’ to-te ’ to-ta-la-to-ne ’ pa-si-le-u-se ’ ka-se ’ a-po-to-li-se ’ o-na-si-lo-i ’ ka-se ’ to-i-se ’ ka-si (8) ke-ne-to-i-se ’ a-pu-ta-i ’ za ?-i ’ ta-i-pa-si-le-wo-se ’ ta-i-to-i-ro-ni ’ to-i ’ a-la-pi-ri-ya-ta-i ’ to-ko-ro-ne ’ (9) to-ni-to-i ’ e-le-i ’ to-ka-ra-u-o-me-no-ne ’ o-ka-to-se ’ a-la-wo ’ ka-se ’ ta-te-re-ki-ni-ya ’ ta-e-pi-o-ta (10) pa-ta ’ e-ek-ne ’ pa-no-ni-o-ne ’ u-wa-i-se ’ za ?-ne ’ a-te-le-ne ’ e-ke ’ si-se ’ o-na-si-lo-ne ’ e-to’se (11) ka-si-ke-ne-to-se ’ e-to-se ’ pa-i-ta-se ’ to-pa-i-to-ne ’ to-no-na-si-ku-po-ro-ne ’ e-ex-to-i ’ ko-ro-i ’ to-i-te (12) e-xe ’ o-ru-xe ’ i-te-pa-i ’ o-e-xe ’ o-ru-xe ’ pe-i-se-i-o-na-si-lo-i ’ ka-se ’ to-i-se ’ ka-si-ke-ne-to-i (13) se ’ e-to-i-se ’ pa-i-si ’ to-na_ra_ku-ro-ne ’ to-te ’ a-ra-ku-ro ’ ta I ta (vacat) (14) ka-se ’ o-na-si-lo-i ’ o-i-wo-i ’ a-ne-u ’ to-ka-si-ke-ne-to-ne ’ to-na-i-lo-ne ’ e-we-re-ta-sa-tu ’ pa-si-le-u (15) se ’ ka-se ’ a-po-to-li-se ’ to-we-na-i ’ a-ti ’ ta-u-ke-ro-ne ’ to-mi-si-to-ne ’ a-ra-ku-ro ’ pe IIII pe (16) (vacat) II ti-e ’ e-to-ko-i-nu ’ pa-si-le-u-se ’ ka-se ’ a-po-to-li-se ’ o-na-si  ?????A - ?ran(B) (17) lo-i ’ a-ti ’ to-a-ra-ku-ro ’ to-te ’ a-pu-ta-i ’ za ?-i ’ ta-i-pa-si-le-wo-se ’ ta-i-ma-la-ni-ya (18) i ’ ta-i ’ pe-ti-ya-i ’ to-ko-ro-ne ’ to-ka-ra-u-zo-me-no-ne ’ a-me-ni-ya ’ a-la-wo ’ ka-se ’ ta-te-re (19) ki-ni-ya ’ ta-e-pi-o-ta ’ pa-ta ’ to-po-e-ko-me-no-ne ’ po-se ’ to-ro-wo ’ ka-se ’ to-ka-po-ne ’ to-ni-si-mi-to-se ’ a-ro-u-ra (21) i-to-ti-we-i-te-mi-se ’ o-a-ra-ma-ne-u-se-e-ke ’ a-la-wo ’ to-po-e-ko-me-no-ne ’ po-se ’ pa-sa-ko-ra (22) ne ’ to-no-na-sa-ko-ra-u ’ ka-se ’ ta-te-re-ki-ni-ya ’ ta-e-pi-o-ta ’ pa-ta ’ e-ke-ne ’ pa-no-ni-o-se ’ u (23) wa-i-se ’ za ?-ne ’ a-te-li-ya ’ i-o-ta ’ i-o-ta ’ e-ke ’ si-se ’ o-na-si-lo-ne ’ e-to-se ’ pa-i-ta-se ’ to-se ’ o (24) na-si-lo-ne ’ e-xe-ta-i ’ za ?-i ’ ta-i-te ’ i-e-xe ’ to-i ’ ka-po-i ’ to-i-te ’ e-xe ’ o’ru-xe ’ i (25) te ’ o-e-xe ’ o-ru-xe ’ pe-i-se-i-o-na-si-lo-i ’ e-to-i-se ’ pa-i-si ’ to-na-ra-ku-ro-ne ’ to-te ’ a-ra-ku-ro (26) ne-pe IIII pe II ti-e ’ i-te ’ ta-ta-la-to-ne ’ ta-te ’ ta-we-pi-ya ’ ta-te ’ i-na-la-li-si-me-na ’ (27) pa-si-le-u-se ’ ka-se ’ a-po-to-li-se ’ ka-te-ti-ya-ne ’ i-ta-ti-o-ne ’ ta-na-ta-na-ne ’ ta-ne-pe-re (28) ta-li-o-ne ’ su-no-ro-ko-i-se ’ me-lu’sa-i ’ ta-se ’ we-re-ta-se | ta-sa-te | u-wa-i-se ’ za ?-ne ’ (29) o-pi-si-si-ke ’ ta-se ’ we-re-ta-se-ta-sa-te ’ lu-se ’ a-no-si-ya-wo-i-ke-no-i-tu-ta-sa-ke ’ (30) za ?-se-ta-sa-te ’ ka-se ’ to-se ’ ka-po-se ’ to-so-te ’ o-i ’ o-na-si-ku-po-ro-ne ’ pa-i-te-se ’ ka-se ’ to-pa-i-to-ne ’ o-i-pa (31) i-te-se ’ e-ke-so-si ’ a-i-wei ’ o-i-to-i-ro-ni ’ to-i ’ e-ta-li-e-wi ’i-o-si ’

Traduction en Grec du bronze obtenue à partir de la transcription obtenue ci-dessus : la police de texte grec pouvant poser problème, j’ai scanné ce texte : cliquez ici

Voici une traduction du texte aussi littérale que possible. Le texte se divise clairement en trois parties : § 1, honoraires prévues pour Onasilios et ses frères ; § 2, supplément prévu pour Onasilios seul ; § 3, conclusion et serments.

" ( § 1 ) Alors que les médes et les gens de Kition assiégeaient la ville d’Idalion, en l’annéede Philokypros, fils d’Onasagoras, le roi Stasikypros et les gens d’Idalion avaient invité le médecin Onasilos, fils d’Onasikypros, ainsi que ses frères, à soigner les hommes blessés dans la bataille, sans honoraires (sc. payés par les blessés). Et ainsi le roi et la ville ont convenu de donner à Onasilios et à ses frères, en guise d’honoraires et de gratification, sur la Maison du roi et sur la ville, un talent d’argent. Ou bien, à la place d la dite somme d’un talent, le roi et la ville donneront à Onasilos et à ses frères, sur la terre du roi qui est dans le district d’Alampria, le terrain qui est dans le bas-fond, celui qui touche au verger d’Onchas (?), et tous les jeunes plants s’y trouvant, pour en jouir avec tous els produits à vendre, pour toujours (?), sans impôts. Si quelqu’un expulse du dit terrain Onasilios ou ses frèresou les enfants des enfants d’Onasikypros, alors celui qui les expulsera paiera à Onasilos et à ses frères ou aux enfants la somme qui suit : un talent d’argent.

( § 2 ) Et à Onasilos seul, à part de ses frères, le roi et la ville ont convenu de donner, en guise de gratification, outre ses honoraires, la somme de quatres "haches" et deux doubles mines (?) d’Idalion. ou bien, le roi et la ville donneront à Onasilos, à la place de la dite somme, sur la terre du roi qui est la plaine Melania, le terain qui touche au verger d’Amenias, et tous les jeunes plants qui s’y trouvent, (terrain) qui s’étend jusqu’à la rivière Drymios et jusque chez la prêtresse d’Athéna ; et le jardin qui est la terre de Simis, celui que Diweithémis, fils d’Armanès, utilisait comme verger, celui qui s’étend jusque chez Pasagoras et les jeunes plants qui s’y trouvent, pour jouir ( du terrain et du jardin) avec tous les produits à vendre pour toujours (?), sans impots. Si quelqu’un expulse Onasilos ou les enfants d’Onasilos de la dite terre ou du dit jardin, alors celui qui les expulsera paiera à Onasilos ou à ses enfants la somme qui suit : quatre "haches" et deux doubles mines (?) d’Idalium.

( § 3 ) Et la tablette que voici, inscrite avec les présentes clauses, le roi et la ville l’ont fait déposer auprès de la déesse Athéna, celle d’Idalion, avec des serments de ne pas rompre les présentes conventions, pour toujours (?). Au cas où (?) quelqu’un romprait les présentes conventions, que le sacrilège retombe sur lui. Les dites terres et les dits jardin, les enfants d’Onasikypros et les enfants les possèderont toujours, ceux qui resterons dans le district d’Idalion ".

Comme pour le disque, j’ai appliqué la méthode de répartition sur le bronze pour télécharger ce fichier Exel ( idalion-phaistos.xls ) cliquez ici